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 La société des Six-duchés

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MessageSujet: La société des Six-duchés   Lun 15 Juil - 19:57

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La société médiévale


La société des six duchés est féodale. Les seigneurs règnent sur des lopins de terre plus ou moins grands et sont liés entre eux par des liens de vassalité. Sur ces fiefs ou dans les bourgs (dirigés par des baillis) vivent des individus libres ainsi que des cerfs. La terre est la principale richesse : Sans terre, point de revenu et sans revenu, point de vie. La terre appartient aux Ducs et est partagée entre ses nombreux vassaux. En caricaturant quelque peu, il existe 3 catégories d’individus. Les paysans produisent les richesses en travaillant la terre. Les hommes libres vivent du commerce, qu'il s'agisse de biens ou de services. Les guerriers possèdent et protègent la terre et également les deux autres catégories. Les frontières entre chaque catégorie sociale sont floues et il n’est pas rare qu’un individu appartienne à deux catégories simultanément.

Sommaire :
1. La noblesse
2. L'hospitalité
3. La courtoisie
4. La justice seigneurale
5. Loi successorale coutumière
6. Droits et devoirs des seigneurs
7. De la diversité des vassaux
8. Petit lexique de la féodalité
9. L'héraldique
10. Vocabulaire


1. La noblesse


Titres de noblesse

Les titres de noblesse se transmettent au premier descendant légitime mâle de la famille. L’épouse, à la mort de son mari, n’a aucun droit sur le titre qui revient à l'aîné ou au frère.

Les titres suivants sont classés par ordre d'importance.

  • Roi
  • Duc
  • Comte
  • Baron
  • Chevalier

Les prédicats

Les prédicats sont l’ensemble des appellations de politesse et marques de respect en usage.

  • Le Roi : Votre Majesté (Sa femme l’appelle également ainsi)
  • La Reine : Votre Majesté (Si elle est régnante) / Votre Altesse (Si elle est l’épouse du Roi. Son époux l’appelle également ainsi)
  • Les Princes & Princesses : Votre Altesse (Si le titre provient d’un royaume)
  • Les Ducs & Duchesses : Votre Grâce
  • Les Comtes & Comtesses : Votre Grandeur
  • Les Barons & Baronnes : Seigneur, Baron ou Baronne [de + nom de la baronnie]
  • Les Seigneurs & Dames : Sire ou Dames [de + nom de la seigneurie]
  • Les Chevaliers : Messire ou  Chevalier
  • Les Écuyers ou damoiseaux : Sieur, Dame ou Damoiselle

Un vassal s’adressera à un suzerain en utilisant le prédicat “Monseigneur”

La politesse

De manière générale :

  • Les manants se tutoient entre eux
  • Les manants vouvoient la noblesse et le clergé
  • Les nobles se vouvoient entre eux
  • Les nobles vouvoient le clergé
  • Les nobles tutoient les manants

Il faut cependant noter que les règles de politesse ne sont pas si définies. Ainsi un individu peut passer du “vous” au “tu” en fonction de son désir ou non de marquer du respect. Le “vous” peut être utilisé pour garder de la distance avec quelqu’un.


2. L'hospitalité


Partager le pain et le sel

Les règles de l’hospitalité imposent d’accueillir dans sa demeure les seigneurs, les pèlerins de passage, les ecclésiastiques, les sœurs du cycle, les membres d’un ordre veilleur et de la compagnie des arts.  C’est une question d’honneur de bien recevoir et de prendre soin de ses invités.  Il est très mal considéré d’abuser de l’hospitalité d’un hôte et la réputation de l’invité pourrait grandement être ternie!  De plus un personnage qui a très mauvaise réputation peut se voir fermer la porte au nez!  Et ce serait bien fait pour lui!  Par contre un personnage de renom (membre d’une faction de renom), se verra plus généreusement accueilli!  Et quel bonheur d’écouter les exploits d’un grand héros autour d’un bon banquet!

La coutume veut qu’un hôte ne peut verser le sang d’un invité avec qui il a partagé le pain et le sel (à manger ou à boire) tant que ce dernier  ne lui porte pas insulte et respecte ses lois.   Un pareil acte est considéré comme un grand déshonneur et jette l’opprobre sur la maison de l’hôte!  Si une dispute devait survenir, l’hôte devrait attendre que son invité quitte sa demeure pour vider le conflit.


3. La courtoisie


La courtoisie désigne une façon d’être, l’ensemble des attitudes, des mœurs de la cour seigneuriale dans laquelle les valeurs chevaleresques sont modifiées par la présence des dames. L’amour courtois est un code que se doit de suivre le chevalier. La courtoisie est un idéal de conduite à tenir à l’égard des dames et des demoiselles. C’est un code social qui inverse la hiérarchie traditionnelle et place la dame en position de supériorité par rapport à son ami. En échange de la dévotion totale qu’elle attend de lui, elle lui accorde son amour, plus souvent symbolique que concret.

La dame

L’amant courtois est séduit par la dame, une femme dotée d’une beauté et de mérites exceptionnels, qui est mariée, accomplie. Au Moyen Âge, il existe une forte tension entre l’amour et le mariage. On ne se marie pas alors pour l’amour : on se marie par intérêt, pour perpétuer la famille, pour s’allier à un clan. Le mariage est affaire de raison, et souvent décidé d’avance par les parents des époux.
Alors que le mariage est à la portée de tous, l’amour vrai, quant à lui, n’est ressenti que par les âmes nobles. L’amour noble n’est ni banal ni vulgaire. Il n’est ni facile ni intéressé, même s’il est généralement éprouvé envers une femme d’une condition supérieure. Cet écart entre les statuts sociaux rend la femme inaccessible, l’élève au rang des divinités à adorer.

Le fin’amor

Si l’acte sexuel est la consécration de l’amour, le sentiment noble invite à la sublimation. Ne se laissant pas dominer par ses désirs charnels, l’amant courtois gagnera le cœur de sa dame en lui témoignant un amour empreint de délicatesse et de retenue. Sa passion doit l’amener à surpasser son désir pour la dame afin d’éprouver pour elle un amour raffiné, profond, véritable, un amour transposé sur un plan supérieur. Cet amour « spirituel » – on l’appelle fin’amor, ce qui veut dire « amour parfait » ou « amour sublimé » – est caractérisé par le plaisir provoqué par la manifestation du divin chez l’autre. Le fin’amor est rare et, comme il a été déjà mentionné, difficilement compatible avec le mariage. Ce sentiment incite le chevalier à se surpasser pour s’élever au niveau de sa dame : le cœur noble est l’idéal à atteindre pour l’homme.

L’amant courtois

L’amant courtois est un guerrier héroïque. On sait que le code du chevalier est basé sur l’honneur. Il est fort, adroit, mais, surtout, loyal envers son suzerain. Sa noblesse de cœur fait de lui un homme franc, poli et subtil. La force physique est valorisée dans les tournois, des combats rangés où le chevalier défend les couleurs ou même l’honneur de sa dame. La vaillance du chevalier est donc toujours exigée, mais elle trouve désormais une expression amoureuse. En fait, l’amour devient source de toute vaillance et de toute générosité.

L’amant courtois est totalement soumis et dévoué à sa dame : abnégation, obéissance et discrétion sont ses mots d’ordre. Pour mériter l’amour de sa dame (qui fait preuve de froideur et de caprices), afin de prouver l’intensité et la constance de son amour, le chevalier devra se plier au « service d’amour », c’est-à-dire qu’il devra se soumettre aux coutumes de l’attente et sortir vainqueur d’une série d’épreuves souvent fixées par sa maîtresse. Mais cela lui importe peu : lorsque le cœur noble est épris, plus rien ne compte. Les exploits accomplis, la souffrance, le grandiront moralement. Rudement mis à l’épreuve, le chevalier amoureux doit même trouver de la joie dans la souffrance et la séparation. Les épreuves, preuve de sa perfection morale, lui permettront de conquérir sa bien-aimée et d’obtenir une récompense.

Quand il aime, le chevalier courtois rend hommage à sa dame, elle devient la suzeraine de son cœur : il s’y soumet aveuglément. La loyauté à la dame passe avant celle au suzerain : il doit faire preuve d’une obéissance totale, d’une fidélité indéfectible. Cette soumission amène ainsi, pour le chevalier, le conflit qui oppose son amour à son honneur. Renoncer à l’honneur pour l’amour représente le sacrifice le plus grand qu’il puisse faire.


4. Loi successorale coutumière


Hériter d'un fief

Depuis plus d’un siècle maintenant, les fiefs se transmettent selon un ensemble de principes bien stabilisés, inspirés des coutumes en vigueur en France. Ces règles ont pour objectif de protéger les intérêts du seigneur. En voici brièvement présentée la teneur.

  • Préserver le choix du seigneur : Puisque l’hérédité s’oppose forcément au droit du seigneur de choisir son vassal, il est imposé à l’héritier de faire hommage à son seigneur avant de recevoir l’investiture. Théoriquement, le seigneur pourrait donc refuser la transmission mais le cas se rencontre peu. Afin de compenser cette perte de pouvoir, l’héritier doit également verser une taxe, le relief.

  • Éviter un vassal trop jeune : Durant la minorité du vassal, c’est le seigneur qui « a le fief en garde ». Il peut bien entendu déléguer les tâches quotidiennes à un fidèle et il est courant que cette personne soit choisie parmi la famille de l’héritier.

  • Éviter un vassal féminin : Puisqu’une femme ne peut (généralement) pas accomplir l’aide militaire, elle ne peut pas non plus hériter du lien féodal. Ainsi, lorsqu’une femme hérite d’un fief, on dit qu’il tombe en quenouille. A l’origine, le seigneur reprenait le fief en cas d’absence d’héritier mâle mais il est devenu de plus en plus courant que si l’héritière était en mesure de se marier avec un parti qui convienne à son seigneur, elle conserve en quelque sorte le fief, ce qui est d’autant plus acceptable si l’héritière se montre capable de servir son seigneur au combat.

  • Éviter le démembrement : À la mort du vassal, s’il a plusieurs héritiers mâles encore en vie, c’est le premier né qui hérite de la totalité du fief. On appelle ce principe "primogéniture". Dans le même ordre d’idée, même lorsqu’il a autorisé son vassal à subdiviser son fief, un seigneur conserve une sorte de droit de veto. Il peut ainsi interdire une investiture qu’il jugerait contraire à ses intérêts ou en fixer les conditions.


5. La justice seigneuriale


En plus de la loi Royale, chaque Duché, Fief et Bourg a ses propres lois. Celles-ci sont affichées dans plusieurs points visibles du village. Le seigneur local rend la justice et tranche les conflits de ses vassaux lors des plaids (voir ci-dessous). Les litiges entre deux vassaux sont portés à la sanction de leur suzerain.

Les règlements peuvent être décrétés par le seigneur local. Un règlement excessif pourrait être sanctionné par le comte ou le Justicier royal. Les seigneurs désignent un bourreau, professionnel ou non, qui appliquera la sentence. On distingue trois degrés de justice seigneuriale :

  • La haute justice : Le seigneur (ou son sénéchal) peut juger toutes les affaires et prononcer toutes les peines, dont la peine capitale.

  • La moyenne justice : Le seigneur (ou son sénéchal) peut juger les rixes, injures et vols. Les délits ne peuvent être punis de mort.

  • La basse justice : Le seigneur (ou son sénéchal) peut juger les affaires relatives aux droits dus au seigneur, cens, rentes, exhibitions de contrats et héritages sur son domaine. Il s’occupe aussi des délits et amendes de faibles valeurs.

La peine est déterminée par le seigneur (ou son sénéchal) en fonction du délit et va de l’amende (le plus courant)  pour des délits mineurs aux sévices corporels (fouet, coupe de membres) pour des délits plus graves. La justice du seigneur ne peut être contestée que devant un suzerain au risque de voir la peine s’alourdir.

Un seigneur injuste devra assumer ses décisions et sa réputation. Le Roi ou son justicier sont les plus hautes autorités devant lesquelles il est possible de faire appel. Quand un litige frappe deux maisons d’importance équivalente, elles peuvent soit s’en remettre à la justice de leur suzerain ou opter pour une guerre privée et donc la justice divine (Voir “Le droit d’ost”). Dans ce cas, la victoire rend justice. Les parties peuvent se mettre d’accord sur un duel ou une escarmouche. Sans accord préalable, la prise du château adverse règle le conflit.

La loi Royale

Les articles les plus utilisés de la loi royale, qui peut être complétée selon le bon vouloir du Souverain :

  • Toute personne surprise à arracher, modifier ou contre-afficher les procès-verbaux est coupable du délit dit « de subversion » et est passible du tranchement de la dextre.

  • Tout vol, brigandage, assassinat est considéré comme délit majeur.

  • Tout duel entre personnes est interdit, sauf si les deux personnes sont nobles et peuvent le prouver.

  • Tout négoce marchand (vente ou troc) dépassant la valeur d’une pièce d’or doit être visé par un noble ou par un possesseur de lettre patente de Commerce. En cas d’infraction, il s’agit d’un délit médium, passible de fortes amendes et le négoce est considéré comme nul et sans valeur.

  • Tout contrat signé par deux parties prenantes ou plus, pour entériner quelque accord que ce soit, est entaché de nullité si le sceau du seigneur n’y est pas dûment apposé. Les signataires d’un document illégal sont également passibles de poursuites. Il appartient au Tribunal de juger la gravité du délit.

  • Tout manque de respect à l’égard du seigneur est passible de poursuites. Obligation est faite à tout sujet et à tout étranger, de s’adresser au Seigneur en utilisant dans chacune de ses phrases, le terme "Sire". Une injonction sera faite à tout contrevenant et, au cas où celui-ci refuserait d’opiner, il serait alors poursuivi devant le Tribunal.

  • Toute traîtrise sera considérée comme délit majeur. Il faut pouvoir produire une pièce écrite, ou deux témoins, pour juger recevable une accusation de trahison.

  • Le rassemblement d’hommes d’arme en compagnies franches mercenaires devra être soumis à l’autorisation d’un des comtes, duc ou du Roi. L’autorisation scellée devra être arborée sur l’étendard de la franche compagnie. Une franche compagnie qui se présenterait sans son étendard serait considérée comme hors-la-loi.

Les points énoncés ci-dessus sont valables sur toutes les terres du seigneur. La peine prononcée reste valable pendant un délai d’un an et un jour.

Les plaids

Un plaid est une assemblée publique où un souverain (ou son représentant) prend conseil de ses vassaux sur les affaires de son domaine. C’est l’occasion pour le seigneur de défendre ses décisions devant ses administrés. Les plaids offrent pour ces derniers l’opportunité de plaider leurs droits, et de demander réparation contre un tiers. Le seigneur ou le Sénéchal peuvent alors rendre la justice.


6. Droits et devoirs des seigneurs


Les droits

Le chevalier a le droit de construire un donjon fortifié sur les terres qu’il possède ou qu’il a reçu en fief de la part d’un suzerain. Il a le droit de participer à des tournois. Les habitants et les visiteurs d’un fief ou d’un bourg doivent se placer sous l’autorité du seigneur local qui est compétent pour rendre la justice et percevoir des impôts. Voici les taxes les plus courantes :

La Taille sert à payer la protection du seigneur. C'est un impôt direct.
Le Cens, est le loyer de la terre. Pour avoir le droit de s'installer et de vivre sur la terre d'un seigneur, le paysan paie deux sortes de redevances. Le cens qui est fixe et le champart, calculé en fonction de la récolte ; plus celle-ci est bonne, plus le paysan paie cher.
Les Banalités sont des taxes liées au droit de ban que détient le seigneur. Ces banalités coûtent cher aux paysans qui doivent payer un droit pour utiliser le moulin, le pressoir et le four à pain que le seigneur a fait construire et que lui seul a les moyens d'entretenir.

Les devoirs

Ils doivent rendre une justice équitable sur leur terre.
Les seigneurs sont les juges impartiaux qui doivent veiller au respect de la loi royale et seigneuriale sur leurs terres. Par exemple, si un larcin est commis, mais également pour trancher des litiges entre deux paysans.

Ils doivent protéger leurs gens.
Les habitants et les visiteurs d’un fief ou d’un bourg sont sous la protection du seigneur local. Ce dernier devra les protéger d’une attaque ennemie, de pillards ou d’une bête malfaisante. Il doit accueillir les personnes en détresse en son château et doit leur prêter assistance.

Ils doivent répondre à l’appel de leur suzerain.

Les devoirs du vassal envers son seigneur

Les devoirs du vassal envers son seigneur sont d'abord des interdictions : Le vassal ne doit pas nuire à son seigneur, à sa famille et à ses biens.

Le vassal doit l'aide militaire à son seigneur : Lorsque celui-ci est attaqué, le vassal doit venir avec ses armes pour le défendre. Le vassal est aussi chargé de la garde du château (estage) et de l'escorte de son seigneur. Quand le seigneur attaque un autre, le service militaire (ost) est limité à 40 jours. Mais le vassal reste évidemment aux côtés de son seigneur si le conflit dépasse cette durée. Il sera dédommagé en argent au-delà de 40 jours de combat. Dans le cas ou le vassal est une dame qui ne peut combattre, cette dernière doit se faire remplacer par un champion ou par son époux.

Le vassal doit aussi assurer une aide financière dans trois cas de figure : Le vassal doit donner de l'argent ou des cadeaux à son seigneur lorsqu'il marie sa fille aînée, lorsqu'il adoube son fils aîné, lorsqu'il est fait prisonnier et qu'il doit une rançon.

Enfin, le vassal est astreint à fournir des conseils à la demande de son seigneur : il doit participer aux assemblées féodales, aux cours de justice du seigneur ainsi qu'aux fêtes liturgiques. L'ensemble des vassaux d'un seigneur est ainsi soudé par ces temps forts.

Les devoirs du seigneur envers son vassal

Les dépenses du vassal sont donc considérables : Il doit acheter et entretenir des armes, se nourrir et assurer un certain train de vie. C'est pour répondre à ces exigences que le seigneur peut donner un fief à son vassal. Ce fief est en général une terre qui rapporte des revenus au vassal (redevances). Le fief est pris sur les terres ou les revenus du seigneur.

Le seigneur doit également protéger son vassal contre les ennemis que ce dernier pourrait avoir et lui rendre bonne justice.


7. De la diversité des vassaux


Tout seigneur a en général des vassaux qui le servent. Toutefois, il est de coutume de dire qu'il y a vassal et vassal. Ce simple mot peut cacher des réalités sociales bien différentes.

Les seigneurs banaux

Les seigneurs banaux ont ceci de particulier qu'ils ont reçu un fief, en général en reconnaissance de leur fidélité, et que celui-ci comprend l’exercice de la puissance publique sur des terres. Généralement, cette concession est de surcroît héréditaire. La puissance publique se concrétise par la possession de tout ou d’une partie du ban, le pouvoir de commandement. Pourquoi une partie ? En réalité, les seigneurs banaux ne possèdent pas tous les mêmes droits. La raison en est simple, c'est que chacun de ceux qu'ils détiennent provient du seigneur à qui ils ont juré fidélité. Chaque droit a donc été accordé à titre personnel et distingue un seigneur de son voisin.

La position d’une famille vassale

L'autonomie financière et la puissance militaire d'une famille dépend généralement des droits qu'elle a réussi à obtenir de son seigneur. Ainsi, on mesure l'influence d'un seigneur à l'éventail des droits dont il est en mesure de jouir.

Créer des vassaux constitue un bon moyen d’intéresser certaines personnes au devenir de la famille. Cela permet ainsi d’attirer sur ses terres des individus ambitieux, conscient que la Maison est tout aussi ambitieuse et prête à récompenser ses hommes-liges. Offrir un fief constitue également une façon de former ses subordonnés en leur confiant diverses responsabilités. Avec la succession des générations, une telle stratégie peut engendrer des véritables lignées de serviteurs fidèles et compétents. En quelque sorte, la concession est un investissement pour l’avenir.

Droits des vassaux

La liste qui suit dresse une liste des droits qui peuvent être concédés en fief à un vassal. Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive mais de quelques-uns des cas les plus fréquents.


  • Aliéner le fief : Il s’agit de l’action de donner une partie du fief en concession à d’autres personnes. Autrement dit, du droit de créer des vassaux.

  • Basse justice : Un des premiers droits généralement donnés en fief à un seigneur vassal. Il permet de lui transmettre tous soucis de maintien de l’ordre sur son territoire.

  • Battre monnaie : Réservée jusqu’aujourd’hui au Duc d’Outreterre.

  • Construire un château : Bien entendu, ce droit est accordé à un seigneur vassal qui a été doté de terres au préalable.

  • Déclarer la guerre et la paix : Evidemment, un individu doté de ce droit ne peut pas déclarer la guerre à n’importe qui. Ce droit est encadré par d’autres règles.

  • Droit de la forêt : Droit complexe qui permet à un seigneur d’exploiter les forêts qui se trouveraient sur son territoire.

  • Droit de péage : Le droit de prélever une taxe de passage sur un fleuve ou une route implique bien entendu la possession par le vassal d’un tel aménagement. Les recettes servent notamment à leur entretien.

  • Exiger la prestation de corvées : Ce droit s’exerce uniquement sur les roturiers du domaine et exige donc la possession d’une seigneurie.

  • Exiger un service militaire : Ce droit s’exerce uniquement sur les roturiers du domaine et exige donc la possession d’une seigneurie.

  • Gérer l'avouerie : L’avouerie est une charge confiée à un seigneur, l’avoué, dont le statut aristocratique lui permet d’assurer les fonctions temporelles d’un fief ecclésiastique.

  • Haute Justice : Ce droit est généralement réservé aux nobles de haut lignage : Ducs, comptes et barons.

  • Hérédité du fief : C’est l’un des privilèges généralement recherché en premier lieu par les vassaux. A lui seul, il assure une certaine sécurité à la descendance de l’homme-lige.

  • Justice féodale : Jusqu'ici, seul le Duc d'Outreterre possède ce droit. Il permet de réunir un tribunal aristocratique qui sera habilité à juger ses pairs.

  • Lever des troupes : Sur son propre territoire, bien entendu.

  • Prélever, à son profit, la taille : Ce droit s’exerce uniquement sur les roturiers du domaine et exige donc la possession d’une seigneurie.

  • Prélever, à son profit, le cens et le terrage : Ce droit s’exerce uniquement sur les roturiers du domaine et exige donc la possession d’une seigneurie.

  • Taxation des infrastructures banales : C’est un droit qui est presque toujours accordé à un vassal doté de terres. Il lui permet de tirer un revenu minimum de ses roturiers. (lesquels sont obligés d’utiliser le four ou le moulin banal)

  • Taxations commerciales : Les taxations commercials supposent l’existence d’une ville non franche sur le territoire d’un vassal. Il est rarement octroyé car très lucratif.

Les seigneurs mineurs

Contrairement aux seigneurs banaux, les seigneurs mineurs ne reçoivent pas le droit d’exercer la puissance publique. Généralement, leur rôle se limite à la gestion d’une portion des terres de leur seigneur, à un rôle militaire ou administratif. Un fief mineur sera par exemple le titre de gouverneur d’une place forte ou la châtellenie d’un village éloigné.


8. Petit lexique de la féodalité



  • Affidation : Action de prêter serment à un seigneur pour se recommander à lui et se mettre sous sa protection, sans être à proprement parler son vassal.

  • Affidé : Homme qui, sans pour autant être devenu son vassal, a prêté à un seigneur le serment d'affidation pour en obtenir aide et assistance.

  • Châtelain : Vassal ayant reçu des terres ou une place forte en fief.

  • Commise : Procédure judiciaire par laquelle un Seigneur effectue une saisie temporaire ou une confiscation d’un fief concédé à un vassal.

  • Désaveu : Procédure judiciaire par laquelle un vassal saisit son suzerain afin de se dégager de ses obligations envers son seigneur. Le jugement est rendu par une cour de justice.

  • Feudataire : Vassal ayant reçu un fief en concession.

  • Fief : Elément "matériel" parfois attaché au serment de vassalité. On dit "concéder un fief". Il peut s’agir de terres, de droits ou de privilèges.

  • Hommage : Rite durant lequel un individu offre sa fidélité à un autre.

  • Investiture : Rite par lequel un Seigneur concède un fief à son vassal. On donne et on reçoit l’investiture.

  • Maisnie : Ensemble de toutes les personnes qui habitent sous le même toit : Du seigneur au valet, quelle que soit leur liens du sang et leurs obligations vassaliques.

  • Seigneur : Individu qui en a reçu un autre comme vassal.

  • Serment : Rite durant lequel un individu réitère l’hommage en lui conférant une dimension religieuse, sacrée. On parle aussi de rite d’onction.

  • Suzerain : Seigneur au deuxième degré ou, dit autrement, seigneur de son seigneur.

  • Vassal : Individu ayant prêté serment de vassalité


9. L’héraldique


Pour des règles complètes, historiques et fabuleusements compliquées, je vous conseille le Portail de l’Héraldique et de l’art du blason de Wikipédia. De mon coté, je vais tenter de vous faire un résumé sufisamment complet pour notre forum.

Droit des armes

Juridiquement, les armes sont l'équivalent dessiné d'un nom propre (nom de famille ou nom de lieu) et sont accessoires à ce nom. Les armes sont une propriété régulière, transmissibles héréditairement et susceptibles d'être acquises ou conférées. Nul ne peut se doter d'armes déjà portées par autrui. Les chevaliers ont le droit de porter des armes ainsi que les capitaines de franche compagnie.

La création des blasons, bien que laissée à l'initiative de leurs futurs possesseurs, s'est dotée de règles plus ou moins strictes visant à rendre l'identification efficace : Lecture facile par l'emploi de couleurs franches tranchant les unes sur les autres, motifs de grande taille aux contours simplifiés facilement lisibles et surtout unicité des armoiries. Cette volonté identitaire se traduit aussi par l'utilisation de symboles, rappels de faits marquants ou traductions de traits caractéristiques liés au possesseur.

Mais le blason n'est pas figé et il peut évoluer en fonction :

  • D'une alliance, où les blasons des alliés se réunissent pour n'en former plus qu'un, réunion codifiée par des règles traduisant le type d'union
  • D'un héritage, qui impose parfois à l'héritier une modification (voir brisure) du blason initial en fonction du degré de parenté ;
  • D'une distinction honorifique accordée par un suzerain, qui donne à un vassal le droit d'ajouter sur son blason un élément distinctif du sien (une augmentation)
  • D'une distinction ou modification pour distinguer un nouveau blason de celui dont il a été dérivé. (Une brisure)

Il peut même disparaître et être remplacé par un blason de substitution, quand le blason original a été « déshonoré » pour une action peu reluisante de son possesseur... ou d'un ancêtre du possesseur.

Règles du blason-héraldique

« Pas de métal sur métal, ni émail sur émail », dite règle de contrariété des couleurs.

La couleur, en héraldique, désigne l'attribut coloré d'un champ ou d'un fond. Il s'agit de couleurs symboliques : Le gueules se représente par un rouge, qu'il soit vermillon, écarlate, carmin ou autre. Les couleurs sont réparties en trois groupes :

  • Les métaux, composés essentiellement de l'or et de l'argent
  • Les émaux, composés essentiellement de l'azur, du gueules, du sable, du sinople et du pourpre
  • Les fourrures, composés essentiellement de l'hermine et du vair, ainsi que de leurs innombrables variantes (mais dont seuls le contre-vair et la contre-hermine sont d'usage fréquent) ; ce sont en fait des compositions "bichromatiques", réunissant un émail et un métal.

Bien que la couleur soit une caractéristique très importante, elle n'est pas apparente quand les armoiries figurent sur des sceaux, des monnaies, voire des sculptures sur des édifices ou des meubles. Ces armoiries sont non peintes ou la peinture en a été effacée.

Pour la représentation monochrome des armoiries (gravures, sculptures, etc) les couleurs sont représentées par des hachures conventionnelles.

Chaque couleur –comme tout autre élément du blason– a un nom héraldique conventionnel, qu'il est important de connaître pour procéder au déchiffrement correct. Les noms spécifiques des couleurs se sont certes imposés par la tradition, mais aussi par leur efficacité technique d'identification. En effet, si d'autres noms évocateurs sont parfois utilisés (Sang ou écorché pour gueules), c'est une source possible d'erreur : Les couleurs sont normalement rendues par des teintes saturées, mais la nuance et la luminosité peut être variable d'une interprétation à l'autre, elles peuvent être passées ou délavées avec le temps. Il est donc fréquent de trouver, pour des mêmes armes, des écarts notables d'une représentation à l'autre et, si le gueules est nommé "rose" ici, "écarlate" là et "écorché" ailleurs, on risque de ne plus pouvoir identifier quoi que ce soit. Le respect d'un codage rigoureux n'est pas une marque de snobisme ésotérique d'initié, mais le garant d'une efficacité de recherche.

Je vous renvoie vers Wikipédia pour des explications plus complètes sur les couleurs.

La brisure

Une brisure est un élément qui modifie un blason hérité. Elle est utilisée pour distinguer aînés, cadets ou bâtards. Les brisures les plus pratiquées sont :

  • La diminution de pièces honorables
  • Le changement de couleur d'un élément important (champ ou pièce honorable)
  • L'ajout d'une pièce de second ordre ou d'un meuble

Le chef d'une lignée porte généralement les armes pleines de sa famille à titre personnel. Les autres (y compris les aînés, avant la mort de leur père) n'y ont pas pleinement droit, et doivent en principe y apporter une brisure pour composer leurs armes personnelles (ou se contenter de porter les armes de la lignée, mais pas à titre personnel).

Les brisures les plus fréquentes sont la bordure, le lambel, le bâton péri (en bande ou en barre). Certaines brisures sont conventionnelles: la bande est généralement signe de légitimité, le lambel est généralement une brisure de cadet.

Un blason "brisé" devrait se lire en ignorant d'abord la brisure, puis en terminant par « Brisé de... »


10. Vocabulaire


Juste pour le plaisir, voici quelques termes tirés du language médiéval. N'hésitez pas à vous en servir pour vos personnages comme pour les PnJs que vous pourriez rencontrer : Ceci donnera du réalisme ainsi qu'un certain cachet à vos RPs.

Le vêtement

Affublement : Vêtement
Braies : Pantalon
Cotte : Tunique, chemise
Défroques : Mauvais vêtements
Mantel : Manteau

La femme

Damoiselle : Jeune fille noble non mariée
Jouvencelle : Jeune fille non mariée
Pucelle : Jeune fille vierge
Donzelle : Jeune fille non mariée (Langage plus familier)
Dame : Femme mariée
Fame : Gente féminine en général

L’homme

Bon gaultier : Joyeux luron
Jouvenceau : Jeune homme (Péjoratif)
Damelot : Jeune homme de noble origine
Escuyer : Écuyer
Fillot : Fils

Expressions typiques

Or i allons : Allons-y
Oyez... : Ecoutez
Peste soit de... : Que ... soit maudit
Bien vaigniez : Soyez les bienvenus
Je te créant : Je te donne ma parole
Repris a forfet : Pris sur le fait
Autant ce vaut : C’est tout comme
Ralons joer : Retournons jouer
Avoir cuer de lievre : Être lâche
Aller à la brune : Sortir pendant la nuit
Derechef : Immédiatement, à nouveau
De part chez nous : Ici, à l'accoutumée
N’en pouvoir ni ho ni jo : Ne rien pouvoir y faire
Mortecouille : Juron
Tudieu : Juron

Insulte féminine

Paillarde : Débauchée, portée aux plaisirs sexuels
Ribaude : Prostituée
Gueuse : Pauvre, mendiante
Devergoigneuse : Dévergondée

Insulte masculine

Maroufle : Homme grossier, rustre
Coquebert : Niais, stupide
Gueux : Pauvre, mendiant
Boursemolle : Impuissant
Outre à vinasse : Alcoolique
Houlier : Proxénète
Fol dingo : Fou

Insulte générales

Couard : Peureux
Merdaille : Merdeux
Chiabrena : Chiure de merde
Menuaille : Populace
Sale trogne : Sale tête
Ca puire : Ca pue
Baronnet(te) : Noble de pacotille

Combat

Bataculer : Basculer
Bouter : Pousser, jeter
Choir : Tomber
Ost : Armée
Arbalestrie : Arbalète
Bastaille : Bataille
Guerroyer: Faire la guerre
Estriller : Étriper
Mortir : Tuer
Occire : Mettre à mort
Pourfendre : Traverser de sa lame
Mânes : Âmes des morts
Mortaille : La mort
Aller à la mortaille : Se jeter dans la bataille
Testuit a moi : Tous sur moi

Le manger et le boire

Mangeailler : Manger
Pitance : Repas
Brouet : Soupe
Francherepue : Repas rassasiant
Poularde : Poule
Gourdasse : Gourde
Vinasse gouleyante : Bon vin
Ripailler : Manger copieusement
Toster : Griller

Le temps

Sans respit : Sur-le-champ
Par matin : Très tôt
Par tans : Sous peu
Tot a tire : D’affilée
A l’anjorner : À l'aube
Le jour d’hui : Ce jour
Et tôt : Bientôt
Nuitée : La nuit
Prestement : Rapidement
Vêpres : Soir

Le langage

Fatrouiller : Bavarder
Mander : Demander
Bailler : Dire, ordonner
Vergogner : Faire honte
Conchier : Outrager
Jactance : Débit de paroles
Balivernes : Mensonges
Se degengler : Se moquer
Deconfier : Trahir
Batelage : Boniments

Divers : Verbes

Convoier : Faire route ensemble
Esponger : Éponger
Epousailler: Épouser
Joiler : Accueillir
Mesttre : Mettre
Odir : Entendre
Pietonner : Marcher
Querir : Chercher
Rapiner : Voler
Trouiller : Avoir peur
Fleurer : Sentir
Trousser : Fouiller les jupes
Escagacer : Ennuyer

Divers : Adjectifs

Gent(e) : Joli (e), agréable
Lacrimable : Déplorable
Tristeusement: Malheureusement
Violentement: Avec violence

Divers : Noms

Déduit : Plaisir (Souvent charnel)
Malaventure: Mésaventure
Giberne : Besace
Ajour : Ouverture
Acquiescement : Autorisation
Arroi : Équipage
Attrapoire : Piège
Bisclavret : Loup garou
Géniture : Descendance
Froidure: Fraicheur
Giguedouille : Danse, gigotement
Guignon : Malchance
Jouvence : Jeunesse
Buissonade : Petit bois
Castel : Château
Couche : Lit
Chef : Tête
Criement : Cris
Pentacol : Collier
Suivance : Suite (de serviteurs)

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La société des Six-duchés
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